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Encaisser en déplacement : 5 solutions pour pros mobiles
Jul 28, 2026)

Encaisser en déplacement : 5 solutions pour pros mobiles
61 % des paiements par carte en France se font désormais en sans contact (Banque de France). Les espèces reculent, les chèques disparaissent. Pour un artisan, un livreur, un commercial itinérant ou un prestataire à domicile, ne pas pouvoir encaisser par carte sur place, c'est reporter le paiement. Et un paiement reporté, c'est un virement à attendre, une relance à gérer, et parfois un impayé.
Le marché propose aujourd'hui cinq solutions pour encaisser par carte en déplacement. Et l'enjeu est concret : en 2024, la carte bancaire a dépassé les espèces pour la première fois en France, avec 48 % des transactions en magasin réglées par carte contre 43 % en espèces (INSEE / Banque de France, 2025). Pour un professionnel mobile qui ne peut pas accepter la carte, c'est près de la moitié de ses clients qui devront payer par virement "plus tard", avec les relances et les impayés que cela implique.
Pourquoi l'encaissement mobile est devenu indispensable
La fin du chèque et le recul des espèces
L'usage des espèces diminue chaque année en France. Le chèque, encore courant il y a dix ans, est désormais marginal dans la plupart des secteurs. Les clients s'attendent à pouvoir payer par carte, même chez un plombier, un coach à domicile ou un livreur. Ne pas proposer le paiement par carte en déplacement revient à demander un virement après coup, avec les délais et les risques que cela implique.
Les profils concernés
L'encaissement mobile concerne tous les professionnels qui interviennent hors d'un point de vente fixe :
Artisans (plombier, électricien, serrurier, peintre)
Prestataires à domicile (coiffeur, infirmier libéral, coach sportif)
Livreurs et chauffeurs VTC
Commerciaux itinérants
Professions libérales en consultation externe
Vendeurs sur marchés, foires et événements
L'impact sur la trésorerie
Encaisser immédiatement après la prestation, c'est du cash entré le jour même ou le lendemain (selon le contrat monétique). Encaisser par virement, c'est 3 à 7 jours de délai, si le client y pense. Demander un chèque, c'est un délai d'encaissement bancaire de plusieurs jours et un risque d'impayé.
La différence sur un mois d'activité est significative : moins de trésorerie immobilisée, moins de relances, moins d'impayés. Pour un artisan qui réalise 20 interventions par mois à 300 EUR en moyenne, passer du virement à l'encaissement immédiat par carte, c'est 6 000 EUR de trésorerie disponible plus tôt chaque mois.
5 solutions pour encaisser par carte en déplacement
1. Le TPE portable (Bluetooth / 4G)
Le terminal de paiement électronique portable reste la solution la plus répandue. Il se connecte en Bluetooth à un smartphone ou fonctionne en autonome avec une carte SIM 4G. Il accepte les cartes avec ou sans contact, avec saisie du code PIN pour les montants supérieurs à 50 EUR.
Forces : fiable, accepte tous les types de cartes (y compris insertion et puce), familier pour le client.
Limites : coût d'acquisition ou de location (20 à 40 EUR/mois en moyenne pour une location, 200 à 500 EUR à l'achat), matériel supplémentaire à transporter et recharger, contrat monétique nécessaire.
Adapté à : professionnels avec un volume de transactions élevé et régulier (livreurs, artisans en tournée, marchands ambulants).
2. Le lecteur de carte sur smartphone (dongle)
Un petit boîtier (dongle) se connecte en Bluetooth au smartphone. Le professionnel utilise une application dédiée pour saisir le montant, et le client insère ou approche sa carte sur le lecteur. Solutions connues : SumUp, Zettle (PayPal), myPOS.
Forces : compact, moins cher qu'un TPE classique (30 à 80 EUR pour le lecteur), sans abonnement chez la plupart des fournisseurs (commission par transaction uniquement).
Limites : matériel supplémentaire (même petit), dépendance au Bluetooth et à la batterie du lecteur, commissions par transaction généralement plus élevées (1,5 à 1,75 %).
Adapté à : indépendants et petits volumes, professionnels qui veulent une solution d'appoint sans engagement.
3. Le SoftPOS / Tap to Phone (NFC natif du smartphone)
Le SoftPOS transforme un smartphone NFC en terminal de paiement. Aucun matériel externe. Le professionnel installe une application certifiée, saisit le montant, et le client approche sa carte ou son portefeuille mobile (Apple Pay, Google Pay) au dos du téléphone.
Forces : zéro matériel supplémentaire, déploiement en quelques minutes, coût réduit (commissions uniquement, souvent entre 0,7 % et 1,5 %), le professionnel utilise le téléphone qu'il a déjà en poche.
Limites : nécessite un smartphone NFC récent (Android 9+ ou iPhone XS+), connexion internet obligatoire pour chaque transaction, pas de lecture par insertion (puce) ni par bande magnétique.
Point important sur les montants élevés. En dessous de 50 EUR, le paiement se fait en sans contact simple (tap). Au-dessus de 50 EUR, le code PIN doit être saisi sur l'écran du smartphone (PIN Online). Or, toutes les cartes bancaires ne supportent pas encore le PIN Online : certaines cartes (notamment les plus anciennes) sont refusées au-dessus de 50 EUR en SoftPOS. Ce problème diminue avec le renouvellement du parc de cartes, mais en 2026, c'est une limite terrain réelle. Pour les montants élevés (travaux, interventions, prestations), le lien de paiement (solution 4) est plus fiable car le client paie sur une page web classique, sans dépendance au PIN Online.
Exception : les paiements via wallet mobile (Apple Pay, Google Pay) n'ont pas de plafond, car l'authentification se fait par biométrie sur le téléphone du client.
Adapté à : encaissements rapides en face-à-face, petits et moyens montants. Idéal comme solution principale pour les livreurs, les vendeurs itinérants et les artisans sur des interventions courantes. À combiner avec le lien de paiement pour les montants élevés.
Le marché SoftPOS explose : selon Juniper Research, les transactions via SoftPOS devraient passer de 23,9 milliards de dollars en 2025 à 540 milliards en 2030.
Pour aller plus loin : transformer votre smartphone en terminal de paiement.
4. Le lien de paiement envoyé sur place (SMS, QR code)
Le professionnel génère un lien de paiement depuis son smartphone (montant, référence), l'envoie par SMS au client ou affiche un QR code. Le client clique ou scanne, arrive sur une page de paiement sécurisée, et paie par CB, virement ou paiement en plusieurs fois.
Forces : zéro matériel, fonctionne sur n'importe quel smartphone (pas besoin de NFC), aucune limite de montant, accepte tous les types de cartes (pas de dépendance au PIN Online), multi-moyens de paiement (CB, virement, paiement échelonné), page de paiement personnalisable aux couleurs du professionnel, le client peut aussi payer après le rendez-vous si besoin (le lien reste actif).
Limites : le paiement n'est pas instantané (le client doit ouvrir le lien, remplir le formulaire), nécessite que le client ait un smartphone ou un accès internet.
Adapté à : prestataires de services sur des montants élevés (artisans, consultants, professions libérales), situations où le client veut choisir son moyen de paiement ou payer en plusieurs fois. C'est aussi la solution de secours naturelle quand le SoftPOS bloque (carte non compatible PIN Online, smartphone sans NFC, connexion instable).
La combinaison SoftPOS + lien de paiement couvre la quasi-totalité des situations terrain : NFC pour les montants courants, lien pour les montants élevés ou les cas particuliers.
Pour aller plus loin : envoyer un lien de paiement sécurisé à votre client.
5. L'appel automatisé de paiement (solution sans internet)
Le professionnel déclenche un appel automatique vers le téléphone du client. Le client décroche, un serveur vocal sécurisé le guide pour saisir ses coordonnées bancaires sur son clavier téléphonique (DTMF). Le paiement est traité côté serveur, sans que le professionnel n'ait accès aux données bancaires.
Forces : fonctionne sans internet côté professionnel et côté client (réseau téléphonique suffit), aucun smartphone requis côté client (un téléphone fixe ou un mobile basique suffit), conforme PCI-DSS.
Limites : expérience moins fluide que le NFC ou le lien, le client doit décrocher et suivre les instructions vocales, moins adapté aux petits montants rapides.
Adapté à : zones blanches (pas de couverture internet), clients sans smartphone, situations de secours quand la connexion internet est indisponible (panne réseau, chantier isolé, zone rurale).
Tableau comparatif des solutions
Critère | TPE portable | Lecteur dongle | SoftPOS / NFC | Lien de paiement | Appel automatisé |
|---|---|---|---|---|---|
Matériel nécessaire | TPE dédié | Lecteur Bluetooth | Aucun (smartphone NFC) | Aucun (smartphone) | Aucun (téléphone) |
Coût matériel | 200-500 EUR ou location 20-40 EUR/mois | 30-80 EUR | 0 EUR | 0 EUR | 0 EUR |
Commission / transaction | 0,5-1,2 % | 1,5-1,75 % | 0,7-1,5 % | Variable selon PSP | Variable selon PSP |
Connexion requise | 4G/Bluetooth | Bluetooth + internet | Internet (4G/Wi-Fi) | Internet | Réseau téléphonique |
Fonctionne sans internet | Non | Non | Non | Non | Oui |
Rapidité de la transaction | Rapide | Rapide | Très rapide (NFC) | Modérée (formulaire) | Modérée (vocal) |
Montants élevés (> 50 EUR) | Oui (PIN sur TPE) | Oui (PIN sur lecteur) | Limité (PIN Online, cartes non compatibles) | Oui (aucune limite) | Oui |
Multi-moyens de paiement | CB uniquement | CB uniquement | CB, wallet | CB, virement, échelonné | CB |
Mise en place | Contrat + livraison | Achat + app | App + inscription | App + inscription | Configuration serveur |
Quelle solution selon votre métier ?
Artisan / prestataire à domicile. Le SoftPOS pour les encaissements courants (dépannage, petite intervention). Le lien de paiement pour les montants élevés (travaux, rénovation, installation) : pas de risque de blocage PIN Online, possibilité de proposer un paiement en plusieurs fois, et le client peut aussi régler l'acompte avant l'intervention. La combinaison des deux couvre tous les cas.
Livreur. La rapidité prime. Le SoftPOS / NFC est le plus adapté : un tap de 2 secondes, paiement validé, livraison terminée. Pas le temps d'envoyer un lien ni de guider un appel vocal.
Commercial itinérant. SoftPOS pour un encaissement rapide en face-à-face sur les commandes courantes. Lien de paiement pour les commandes à montant élevé ou les devis à transformer : le client reçoit un lien avec le montant exact, choisit son moyen de paiement, et peut régler en plusieurs fois si le montant le justifie. Le lien reste actif après le rendez-vous si le client a besoin de valider en interne.
Coach / profession libérale. Le lien de paiement est le plus adapté : envoyé par SMS après la séance, le client paie à son rythme. Pour ceux qui reçoivent aussi en cabinet, le SoftPOS couvre les deux cas (mobilité + point fixe). Pour aller plus loin : encaisser ses clients simplement en profession libérale.
Vendeur sur marché / événement. TPE portable si le volume est élevé et régulier (marché hebdomadaire). SoftPOS si le volume est ponctuel (foire, salon, pop-up store). Le lien de paiement ou le QR code complètent pour les prises de commande ou les réservations à distance.
Zone rurale / chantier isolé. L'appel automatisé de paiement est la seule option quand il n'y a pas de couverture internet. Le réseau téléphonique suffit pour que le client paie par carte sur son clavier.
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